Des entreprises fragilisées et contraintes de s’adapter

Cette inflation touche de plein fouet les trésoreries des entreprises, déjà fragiles. D’après une enquête sectorielle, 8 entreprises sur 10 constatent un impact modéré à fort sur leurs activités : marges en baisse, devis qui tardent à être acceptés, voire projets reportés ou abandonnés par les clients.

Face à cette situation, les stratégies varient. Certaines entreprises tentent d’anticiper en constituant des stocks, d’autres négocient avec leurs clients pour ajuster les devis. Mais toutes ne peuvent pas répercuter les hausses. « Une partie des entrepreneurs préfère absorber les coûts pour préserver la relation commerciale », souligne le secteur.

L’utilisation de clauses de révision des prix reste encore limitée : si près de la moitié des entreprises les incluent dans leurs contrats, seule une minorité envisage réellement de les activer. Résultat : beaucoup supportent elles-mêmes une partie de la hausse, au détriment de leur rentabilité.

Une incertitude généralisée sur les prix et les délais

L’inquiétude est largement partagée : près de 9 entreprises sur 10 anticipent de nouvelles augmentations dans les semaines à venir (source : Embuild). Dans le détail, la majorité s’attend à des hausses comprises entre 1 % et 20 %, tandis qu’un quart redoute une envolée supérieure à 20 %.

Parallèlement, les difficultés d’approvisionnement pourraient s’intensifier. Près de 60 % des entreprises craignent des retards dans la livraison des matériaux, avec des conséquences directes sur les délais des chantiers (source : Embuild).

Vers plus de transparence sur les prix ?

Dans ce contexte tendu, la question de la transparence des prix refait surface. Plusieurs acteurs du secteur plaident pour la création d’un observatoire des coûts des matériaux, afin de mieux comprendre et encadrer les hausses. L’objectif serait de distinguer les augmentations justifiées de celles liées à d’éventuels effets d’aubaine (source : Fédération française du bâtiment).

Déjà évoqué en 2023 sans aboutir, ce projet pourrait revenir sur la table dans les prochains jours lors de discussions entre les représentants du secteur et les pouvoirs publics.

Un secteur déjà fragilisé

Cette nouvelle crise intervient alors que le secteur de la construction traverse une période difficile : baisse du nombre de permis de construire, hausse des faillites et ralentissement du marché du neuf. Les professionnels redoutent que cette flambée des prix ne soit « la goutte de trop » (source : Bouwunie).

Pour soutenir l’activité, certaines organisations plaident notamment pour une réduction de la TVA sur les nouvelles constructions ou les logements destinés à la location.

Une tendance de fond renforcée : l’efficacité énergétique

Enfin, cette instabilité relance l’intérêt pour les bâtiments économes en énergie. Moins dépendants des fluctuations des prix de l’énergie, ces logements apparaissent comme une réponse durable aux crises géopolitiques à répétition (source : Embuild).

Sources : FFB, Bouwunie, Embuild.